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Comprendre les maths · Guide pratique

Données inutiles ou manquantes : peut-on résoudre le problème ?

Lire la question, choisir les informations nécessaires et savoir expliquer pourquoi une réponse est possible — ou pourquoi une donnée manque.

Mathia, la mascotte de ProfMathia

Comprendre. Essayer. Expliquer.

Proposition éditoriale · 27 octobre 2026 · 6 minutes de lecture

Un problème n’oblige pas toujours à utiliser tous les nombres

Un énoncé peut contenir une information utile pour imaginer la scène, mais inutile pour répondre à la question posée. Il peut aussi manquer une donnée indispensable. Apprendre à faire la différence aide l’élève à lire une situation avant de choisir une opération. Le but n’est pas de tendre des pièges : c’est de montrer que les nombres ont un rôle, lié à une question précise.

Prenez un exemple simple. Une boîte contient douze crayons rouges et huit crayons bleus. La boîte a été achetée mardi. Pour trouver le nombre total de crayons, on utilise douze et huit : 12 + 8 = 20. Le jour d’achat n’intervient pas dans ce calcul. Il peut toutefois devenir utile si une autre question porte sur la date d’un achat.

Commencer par reformuler ce que l’on cherche

Avant de souligner les données, demandez de dire la question avec ses propres mots. « Combien de crayons y a-t-il dans la boîte ? » appelle un total. « Combien y a-t-il de crayons rouges de plus que de bleus ? » appelle une comparaison. Les mêmes collections servent aux deux questions, mais les calculs et les phrases-réponses diffèrent.

Dans la première situation, le total vaut vingt crayons. Dans la seconde, l’écart vaut quatre crayons : 12 − 8 = 4. Faites représenter les deux collections en lignes alignées. Les huit paires correspondent aux éléments qui se compensent ; les quatre crayons rouges restants montrent l’écart. Ce dessin explique pourquoi on soustrait sans utiliser la règle trompeuse « le mot plus demande une addition ».

Reconnaître une donnée inutile pour cette question

Voici une variante : Lina a quinze euros. Elle entre à dix heures dans un magasin et achète un carnet à quatre euros. Combien lui reste-t-il ? Pour la question d’argent, on calcule 15 − 4 = 11 euros. L’heure décrit le contexte, mais n’a pas à être ajoutée ou retirée du montant. Demandez de justifier ce tri avec une phrase.

N’apprenez pas à éliminer toujours le plus grand nombre ou le dernier nombre du texte. Ces raccourcis fonctionnent dans certains exemples et échouent dans d’autres. Une donnée est inutile relativement à une question, pas parce qu’elle se trouve à un endroit particulier ou qu’elle paraît inhabituelle.

Repérer une information réellement manquante

« Amir achète trois cahiers. Combien paie-t-il ? » ne permet pas de calculer un prix unique si le prix des cahiers n’est pas indiqué. L’élève peut dire ce qui manque au lieu de choisir une opération avec le seul nombre visible. Si les cahiers coûtent deux euros chacun, le montant sera six euros ; s’ils coûtent trois euros chacun, il sera neuf euros.

Ces deux réponses possibles montrent pourquoi on ne peut pas trancher avec l’énoncé initial. Il est parfois possible d’écrire une relation générale, mais on ne doit pas inventer un prix parce qu’il semble vraisemblable. Demandez quelle question poser au vendeur pour compléter les informations. Cette démarche transforme une hésitation en demande de précision utile.

Distinguer une donnée cachée dans le sens d’un mot

Toute information nécessaire n’est pas toujours écrite sous forme de chiffre. Si l’on parle d’un carré dont chaque côté mesure cinq centimètres, le mot carré indique quatre côtés de même longueur. Son périmètre est donc 4 × 5 = 20 cm. Le nombre de côtés n’est pas une donnée manquante : il fait partie des propriétés de la figure, si elles sont déjà connues de l’élève.

En revanche, « une figure mesure cinq centimètres de côté » ne suffit pas à déterminer un périmètre sans savoir de quelle figure on parle et quels autres côtés elle possède. La différence est importante. Il ne faut ni exiger un chiffre supplémentaire quand une propriété connue suffit, ni attribuer une propriété que l’énoncé ne donne pas.

Proposer trois variantes d’une même situation

En classe, gardez une situation commune et modifiez une seule chose. Première carte : trois paquets contiennent chacun six biscuits ; combien de biscuits y a-t-il ? Le total vaut dix-huit. Deuxième carte : ajoutez que les paquets sont bleus ; la réponse ne change pas. Troisième carte : retirez le nombre de biscuits par paquet ; le total ne peut plus être déterminé précisément.

Demandez de classer les cartes en expliquant le rôle des informations. L’élève peut produire un dessin avec des cases vides pour les quantités inconnues. La discussion porte sur ce qu’on peut déduire et ce qu’on ne sait pas. Il n’est pas nécessaire d’accumuler des phrases complexes pour travailler cette différence ; une variation minimale la rend souvent plus visible.

Aider un enfant qui veut calculer immédiatement

À la maison, cachez temporairement les nombres et lisez la question. Demandez quelle sorte de réponse est attendue : un nombre d’objets, un prix, une longueur, une durée. Découvrez ensuite les données une à une et demandez à quoi elles pourraient servir. Cette activité ne remplace pas le calcul ; elle prépare le choix d’une opération pertinente.

Pour un élève ayant des difficultés de lecture, l’adulte peut oraliser l’énoncé ou laisser un schéma à compléter. Faites attention à ne pas donner la relation mathématique en reformulant trop fortement. Dire « tu dois retirer quatre » fournirait déjà l’opération. Une aide plus ouverte est : « Quelle quantité avais-tu avant l’achat ? Que devient-elle après avoir payé ? »

Répondre avec précision quand le calcul est impossible

Une réponse telle que « on ne sait pas » gagne à être justifiée. L’enfant peut écrire : « Il manque le prix d’un cahier ; trois cahiers pourraient coûter des montants différents. » Dans un exercice scolaire, cela dépend de ce qui est réellement demandé et des informations disponibles, y compris une illustration ou un tableau. Il faut consulter tout le document avant de conclure à un manque.

Parfois, la question autorise une estimation et non un résultat exact. Il faut alors annoncer les hypothèses retenues et distinguer l’estimation de la réponse certaine. Ce travail ne justifie pas de modifier silencieusement l’énoncé. Une hypothèse peut être discutée ; une donnée inventée présentée comme réelle crée une fausse impression de précision.

Relier cette lecture aux exercices existants

Le guide pour résoudre un problème présente une démarche plus générale. Ici, l’objectif était de décider quelles informations peuvent soutenir une réponse. Les problèmes de 3e primaire permettent ensuite de reprendre cette lecture sur des supports existants, en tenant compte de leurs consignes propres.

Les activités sur la monnaie et le jeu associé peuvent compléter les situations d’achat. Ces ressources ne sont pas toutes consacrées aux données manquantes : elles servent à réutiliser la démarche dans un contexte familier. Après une réponse, demandez quel nombre a servi, pourquoi, et quelle unité doit apparaître dans la phrase finale.