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Comprendre les maths · Guide pratique

Les inversions de chiffres chez l’enfant dys

Il écrit 21 au lieu de 12, confond 6 et 9, ou écrit « cent six » 1006 : les inversions de chiffres sont fréquentes chez les jeunes enfants, et persistent plus longtemps chez beaucoup d’enfants dys. Elles ne sont pas de l’inattention. Avec des repères visuels et un peu de méthode, elles diminuent nettement.

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Comprendre. Essayer. Expliquer.

Mis à jour le 1er novembre 2026 · 6 minutes de lecture

Des inversions de plusieurs sortes

On regroupe sous le mot « inversions » des erreurs différentes. Il y a les chiffres écrits en miroir (un 3 ou un 7 retournés), les chiffres qui se ressemblent (6 et 9), les chiffres d’un nombre écrits dans le mauvais ordre (21 pour 12), et les nombres mal transcrits à partir de ce qu’on entend (1006 pour « cent six »). Chaque type demande une aide un peu différente. Repérer de quel type il s’agit est la première étape.

Pourquoi ces inversions persistent

Les inversions en miroir sont normales au début de l’écriture et disparaissent généralement vers 7 ou 8 ans. Chez un enfant dyspraxique, la difficulté d’orientation dans l’espace peut les faire durer. Chez un enfant dyscalculique, l’ordre des chiffres dans un nombre est lié à une valeur de position encore fragile : il sait qu’il y a un 1 et un 2, mais pas lequel est la dizaine. Lire aussi la valeur de position et la dyscalculie.

Les signes à repérer

  • L’enfant écrit 21 quand on dit douze.
  • Il confond 6 et 9, ou écrit des chiffres en miroir.
  • Il écrit 1006 pour cent six.
  • Il lit 35 au lieu de 53.
  • Il ne voit pas l’erreur quand il se relit.

Les chiffres en miroir : un modèle d’écriture

Pour les chiffres retournés, on donne un modèle de chaque chiffre avec un point de départ et une flèche qui montre le sens du tracé. On s’entraîne à tracer les chiffres en grand, dans l’air, dans le sable ou sur un tableau, avant de les écrire petit. Une bande des chiffres collée sur le bureau permet de vérifier à tout moment. Pour 6 et 9 : « le 6 a le ventre en bas, le 9 a la tête en haut ».

L’ordre des chiffres : le tableau dizaines-unités

Pour éviter 21 au lieu de 12, on écrit les nombres dans un petit tableau dizaines-unités en couleur, toujours le même. L’enfant se demande : « combien de dizaines ? combien d’unités ? », et remplit les cases.

D (dizaines)U (unités)
21

Vingt et un : 2 dizaines dans la case rouge, 1 unité dans la case bleue.

Manipuler les dizaines

Avec du matériel en base dix, on construit 12 (1 barre et 2 cubes) et 21 (2 barres et 1 cube). L’enfant voit que ce ne sont pas du tout les mêmes quantités. Il comprend que l’ordre des chiffres change la valeur. On fait ce travail régulièrement, avec des nombres choisis par paires (13 et 31, 45 et 54).

« Cent six » : les cartes superposables

Pour éviter d’écrire 1006 pour cent six, on utilise des cartes superposables : une carte « 100 », une carte « 6 » plus courte. On pose la carte 6 sur la fin de la carte 100 : on obtient 106. L’enfant voit que le 6 vient « cacher » le dernier zéro. Ces cartes, de longueurs différentes selon les centaines, dizaines et unités, sont un outil très efficace.

La langue aide ou piège

En Belgique, septante et nonante facilitent l’écriture par rapport à « soixante-dix » ou « quatre-vingt-dix ». En revanche, « quatre-vingts » reste piégeant. Les nombres de 11 à 16 (onze, douze…) ne laissent pas entendre leur dizaine. On peut les associer à leur décomposition (douze, c’est dix et deux) pour aider l’écriture. Lire aussi les nombres en lettres et les dys.

Les dictées de nombres

Pour s’entraîner, on fait de courtes dictées de nombres. L’enfant écrit d’abord le nombre dans le tableau dizaines-unités, puis le recopie en ligne. On commence par cinq nombres, en alternant des paires piégeuses. On vérifie ensemble avec le matériel. Une dictée réussie à 100 % vaut mieux qu’une longue liste avec des erreurs.

Se relire avec une stratégie

Les inversions sont difficiles à repérer en se relisant. On apprend à l’enfant à relire en disant le nombre à voix haute et en vérifiant la dizaine : « 21, c’est 2 dizaines : est-ce que c’est bien ce que je voulais écrire ? ». Une petite marque (un point) sur les nombres dont il n’est pas sûr l’aide à y revenir.

Quand s’inquiéter ?

Les inversions sont normales chez les plus jeunes. Si elles persistent nettement après 8 ans, sont très fréquentes ou s’accompagnent d’autres difficultés en maths, en lecture ou en écriture, il est utile d’en parler à l’enseignant et au logopède, qui pourra faire un bilan. Lire aussi aider un enfant dyscalculique.

Exercices adaptés

  1. Avec le matériel : construis 13 puis 31. Que remarques-tu ?
  2. Écris dans le tableau dizaines-unités : vingt et un, douze.
  3. Avec les cartes superposables : cent six.

Corrigé. 1. 1 barre et 3 cubes, puis 3 barres et 1 cube : ce ne sont pas les mêmes quantités. 2. 21 et 12. 3. 106.

Toujours se demander : combien de dizaines ?

Construire un aide-mémoire personnel

Fabriquez avec l’enfant sa propre fiche-outil sur l’écriture des nombres : le modèle des chiffres avec leur point de départ, la phrase « le 6 a le ventre en bas, le 9 a la tête en haut » et le tableau dizaines-unités en couleur. Il choisit les couleurs, dessine les petits schémas et écrit les mots-clés avec ses mots. Un outil de référence qu’il a construit lui-même est bien mieux compris et bien plus utilisé qu’une affiche toute faite. Il le garde dans sa farde ou sa trousse et peut le consulter en classe comme à la maison, sans gêne.

Une aide ajustée pendant les devoirs

Pendant les devoirs, l’adulte peut apporter une aide ajustée sans faire à la place de l’enfant : lire la consigne à voix haute, tenir l’outil pendant qu’il place un point, écrire sous sa dictée quand l’écriture le fatigue, ou accepter une réponse orale. L’objectif est qu’il puisse montrer ce qu’il a compris. On réduit l’aide petit à petit, à mesure que l’enfant gagne en assurance.

Les grands nombres

Avec les nombres plus grands (centaines, milliers), on agrandit le tableau de numération en gardant les mêmes couleurs, et on utilise les cartes superposables pour chaque rang. On lit et on écrit les nombres en les découpant : « deux mille, trois cent, quarante, cinq » donne 2 345. Le découpage, rang par rang, évite d’oublier ou d’ajouter des zéros. Lire aussi multiplier et diviser par 10, 100, 1000.

Des jeux avec les nombres

Un loto avec des nombres qui se ressemblent (12 et 21, 34 et 43) entraîne l’écoute et l’écriture de façon ludique.

En résumé

Identifier le type d’inversion, donner un modèle d’écriture, utiliser un tableau dizaines-unités en couleur, manipuler les dizaines, recourir aux cartes superposables, faire de courtes dictées et apprendre à se relire : les inversions de chiffres diminuent chez l’enfant dys.

Questions fréquentes

Les inversions de chiffres sont-elles normales ?

Oui chez les jeunes enfants ; elles disparaissent généralement vers 7 ou 8 ans, mais peuvent durer plus longtemps chez les enfants dys.

Comment éviter d’écrire 21 au lieu de 12 ?

Avec un tableau dizaines-unités en couleur et du matériel pour voir la différence de quantité.

Pourquoi mon enfant écrit-il 1006 pour cent six ?

Parce qu’il écrit ce qu’il entend ; les cartes superposables montrent que le 6 cache le dernier zéro.

Comment distinguer 6 et 9 ?

Avec un modèle d’écriture : le 6 a le ventre en bas, le 9 a la tête en haut.

Quand consulter ?

Si les inversions persistent nettement après 8 ans ou s’accompagnent d’autres difficultés.