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Comprendre les maths · Guide pratique

Multiplier et diviser par 10, 100, 1000 avec un enfant dyscalculique

« Pour multiplier par 10, on ajoute un zéro » : cette astuce semble pratique, mais elle devient fausse avec les nombres décimaux. Pour un enfant dyscalculique, il vaut mieux comprendre que les chiffres glissent dans le tableau de numération. Avec un glisse-nombre, c’est visuel et sûr.

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Comprendre. Essayer. Expliquer.

Mis à jour le 1er novembre 2026 · 6 minutes de lecture

Pourquoi l’astuce du zéro est un piège

Beaucoup d’enfants retiennent « × 10, j’ajoute un zéro ». Cela fonctionne pour 34 × 10 = 340, mais pas pour 2,5 × 10 : ajouter un zéro donne 2,50, qui est le même nombre que 2,5, alors que la bonne réponse est 25. Pour la division, l’astuce « j’enlève un zéro » ne marche plus du tout avec 52 ÷ 10 = 5,2. Un enfant dyscalculique, qui s’appuie beaucoup sur les règles apprises, risque de multiplier les erreurs. Il faut donc comprendre ce qui se passe vraiment. Lire aussi la valeur de position et la dyscalculie.

Les signes à repérer

  • L’enfant écrit 2,5 × 10 = 2,50.
  • Il ne sait pas diviser un nombre qui ne se termine pas par 0.
  • Il ajoute un zéro pour diviser.
  • Il confond × 10 et × 100.
  • Il n’estime pas si le résultat doit être plus grand ou plus petit.

Étape 1 : le sens avec le matériel

Avec du matériel en base dix, on prend 3 barres et 4 cubes (34) et on les multiplie par 10 : chaque cube devient une barre, chaque barre devient une plaque de cent. On obtient 3 plaques et 4 barres : 340. L’enfant voit que chaque chiffre « monte » d’un rang : les unités deviennent des dizaines, les dizaines des centaines. Avec la monnaie, 10 pièces de 10 centimes font 1 euro.

Étape 2 : le glisse-nombre

Le glisse-nombre est un tableau de numération fixe, sous lequel on fait glisser une bande où le nombre est écrit. Pour × 10, on glisse les chiffres d’une colonne vers la gauche ; pour ÷ 10, d’une colonne vers la droite. La virgule, elle, ne bouge pas. On complète par un zéro les colonnes vides avant la virgule.

CDU,dixièmes
34,
340,
4,7
47,

34 × 10 = 340 : les chiffres glissent d’un rang vers la gauche. 4,7 × 10 = 47 : même mouvement, même règle.

Étape 3 : 10, 100, 1000

Pour × 100, les chiffres glissent de deux colonnes ; pour × 1000, de trois. On fait le lien avec le nombre de zéros : 10 a un zéro (un rang), 100 en a deux (deux rangs), 1000 en a trois (trois rangs). Des flèches dessinées au-dessus du tableau, une par rang, aident à compter les déplacements. Lire aussi multiplier et diviser par 10, 100, 1000.

Étape 4 : diviser, c’est glisser vers la droite

Pour 340 ÷ 10, les chiffres glissent d’un rang vers la droite : 34. Pour 52 ÷ 100, ils glissent de deux rangs : 0,52. L’enfant voit qu’un chiffre peut passer derrière la virgule, et qu’on écrit alors un 0 devant la virgule s’il n’y a plus d’unités. Le glisse-nombre rend ce phénomène beaucoup moins mystérieux que la règle « je déplace la virgule ».

Plus grand ou plus petit ?

Avant de calculer, l’enfant se pose une question simple : « Si je multiplie par 10, le nombre devient plus grand ; si je divise, il devient plus petit. » Une flèche vers le haut ou vers le bas, notée à côté de l’opération, évite les confusions. Après le calcul, on vérifie que le sens est respecté.

Des situations concrètes

Les conversions de mesures sont une excellente application : 3 m = 300 cm (× 100), 2 500 g = 2,5 kg (÷ 1000). Les prix aussi : 10 cahiers à 1,20 € coûtent 12 €. Ces situations donnent du sens au calcul et montrent son utilité. Lire aussi les unités de longueur et les dys.

Exercices adaptés

  1. Avec le glisse-nombre : 34 × 10 ; 4,7 × 10.
  2. Avec le glisse-nombre : 340 ÷ 10 ; 52 ÷ 100.
  3. Plus grand ou plus petit ? 6,3 × 100.

Corrigé. 1. 340 ; 47. 2. 34 ; 0,52. 3. Plus grand : 630.

Toujours se demander si le résultat doit être plus grand ou plus petit.

Présenter la fiche

  • Tableau de numération en couleur imprimé à côté.
  • Flèches à dessiner pour chaque rang.
  • Une opération par ligne, bien espacée.
  • Police sans empattement (Arial, Verdana), grande taille, pas d’italique.
  • Interligne 1,5, texte aligné à gauche.
  • Consigne courte, une seule demande, mots-clés en gras.
  • Peu d’exercices par page.

Voir aussi les fiches de maths adaptées DYS.

Construire un aide-mémoire personnel

Fabriquez avec l’enfant sa propre fiche-outil sur × et ÷ par 10, 100, 1000 : le glisse-nombre dessiné, la règle « × je glisse à gauche, ÷ je glisse à droite, la virgule ne bouge pas », et un rang par zéro. Il choisit les couleurs, dessine les petits schémas et écrit les mots-clés avec ses mots. Un outil de référence qu’il a construit lui-même est bien mieux compris et bien plus utilisé qu’une affiche toute faite. Il le garde dans sa farde ou sa trousse et peut le consulter en classe comme à la maison, sans gêne.

Une séance courte

Dix à quinze minutes : cinq minutes de manipulation avec le matériel ou la monnaie, cinq minutes de glisse-nombre, cinq minutes de conversions de mesures. Le glisse-nombre peut rester sur la table aussi longtemps que nécessaire.

Une aide ajustée pendant les devoirs

Pendant les devoirs, l’adulte peut apporter une aide ajustée sans faire à la place de l’enfant : lire la consigne à voix haute, tenir l’outil pendant qu’il place un point, écrire sous sa dictée quand l’écriture le fatigue, ou accepter une réponse orale. L’objectif est qu’il puisse montrer ce qu’il a compris. On réduit l’aide petit à petit, à mesure que l’enfant gagne en assurance.

Corriger avec bienveillance

Lors de la correction, soulignez d’abord tout ce qui est juste, puis montrez précisément l’étape où l’erreur s’est glissée : « tu as bien glissé les chiffres, mais vers la gauche alors qu’il fallait diviser ». L’enfant comprend que la méthode est en place et qu’il s’agit d’une petite erreur, pas d’un échec. Évitez de faire tout recommencer : corrigez seulement l’étape concernée, puis félicitez la réussite.

Aménagements raisonnables

Le glisse-nombre, le tableau de numération, la carte-mémoire et le temps supplémentaire sont des aménagements raisonnables possibles. Ils se décident avec l’enseignant, le centre PMS et le logopède. Lire aussi les aménagements DYS au CEB.

Fabriquer son glisse-nombre

Un glisse-nombre se fabrique en quelques minutes : une feuille avec le tableau en couleur et deux fentes, et une bande de papier où l’on écrit les chiffres.

En résumé

Comprendre avec le matériel que chaque chiffre change de rang, utiliser un glisse-nombre, glisser à gauche pour multiplier et à droite pour diviser, un rang par zéro, et vérifier que le nombre devient plus grand ou plus petit : multiplier et diviser par 10, 100, 1000 devient sûr pour l’enfant dyscalculique.

Questions fréquentes

Pourquoi « ajouter un zéro » ne fonctionne-t-il pas toujours ?

Parce qu’avec les décimaux, 2,5 × 10 donnerait 2,50 au lieu de 25.

Qu’est-ce qu’un glisse-nombre ?

Un tableau de numération sous lequel on fait glisser les chiffres d’un nombre.

Dans quel sens glissent les chiffres ?

Vers la gauche pour multiplier, vers la droite pour diviser ; la virgule ne bouge pas.

De combien de rangs glisser ?

D’un rang pour 10, de deux pour 100, de trois pour 1000.

Comment vérifier son résultat ?

En se demandant si le nombre devait devenir plus grand (multiplication) ou plus petit (division).