Pourquoi l’addition posée est difficile
Pour poser une addition, l’enfant doit aligner les chiffres selon leur valeur (unités sous unités), commencer par la droite alors qu’il lit de gauche à droite, savoir quand faire une retenue et ne pas l’oublier dans la colonne suivante. Un enfant dyscalculique comprend souvent mal la valeur de position : pour lui, 47 est un « 4 » et un « 7 » côte à côte, sans que le 4 représente 40. La retenue devient alors un petit « 1 » mystérieux. Lire aussi la valeur de position et la dyscalculie.
Les signes à repérer
- Les chiffres sont mal alignés (unités sous dizaines).
- L’enfant commence par la gauche.
- Il écrit 15 dans la colonne des unités.
- Il oublie la retenue.
- Il ne vérifie pas si son résultat est plausible.
Étape 1 : manipuler le matériel en base dix
Avec des cubes unités et des barres de dix, on représente 47 (4 barres, 7 cubes) et 38 (3 barres, 8 cubes). On réunit d’abord les cubes : 7 + 8 = 15 cubes. On en fait une barre de dix, et il reste 5 cubes. On réunit ensuite les barres : 4 + 3 + la nouvelle barre = 8 barres. Résultat : 85. L’enfant voit que la retenue, c’est la barre de dix que l’on vient de fabriquer. Elle prend tout son sens.
Étape 2 : des colonnes en couleur
Sur la fiche, les colonnes sont légèrement coloriées : unités en bleu, dizaines en rouge, centaines en vert, avec U, D, C écrits en haut. On utilise un grand quadrillage, un chiffre par carreau. L’enfant recopie chaque nombre en plaçant d’abord le chiffre des unités dans la colonne bleue. Les erreurs d’alignement diminuent fortement. Le code de couleurs est le même que celui du matériel et du tableau de numération.
Étape 3 : une flèche pour le sens
Une flèche dessinée sous l’opération, de droite à gauche, rappelle par où commencer. On peut aussi numéroter les colonnes dans l’ordre du calcul : 1 sous les unités, 2 sous les dizaines, 3 sous les centaines. L’enfant suit les numéros. Cette aide visuelle est retirée progressivement quand le réflexe est installé.
Étape 4 : une retenue bien visible
La retenue s’écrit dans une petite case prévue en haut de la colonne suivante, d’une autre couleur. L’enfant dit à voix haute : « 7 + 8 = 15, j’écris 5 et je retiens 1 dizaine ». Le mot « dizaine » est important : il rappelle ce que représente le 1. Une carte-mémoire montre un exemple résolu avec la retenue entourée.
Un exemple pas à pas
Pour 256 + 178 : unités, 6 + 8 = 14, j’écris 4 et je retiens 1 dizaine. Dizaines, 5 + 7 + 1 = 13, j’écris 3 et je retiens 1 centaine. Centaines, 2 + 1 + 1 = 4. Résultat : 434. On estime pour vérifier : 256 + 178, c’est environ 250 + 200 = 450. 434 est proche, c’est cohérent.
Estimer et vérifier
Avant de calculer, on arrondit chaque nombre à la dizaine ou à la centaine la plus proche pour avoir un ordre de grandeur. Après, on compare. Si l’enfant a oublié une retenue, son résultat sera souvent nettement trop petit. La calculatrice sert à vérifier en fin d’exercice, ce qui donne un retour immédiat et rassurant. Lire aussi arrondir un nombre.
Des additions de plus de deux nombres
Additionner trois nombres ou plus est plus difficile, car la retenue peut dépasser 1. On le propose plus tard, avec des nombres petits, et en additionnant d’abord deux nombres, puis le troisième. On peut aussi regrouper les nombres qui font une dizaine ronde (7 + 3) pour simplifier. Lire aussi les compléments à 10 et la dyscalculie.
Exercices adaptés
- Avec le matériel : 47 + 38.
- Pose et calcule : 256 + 178.
- Estime d’abord : 395 + 210 est environ … .
Corrigé. 1. 15 cubes = 1 barre + 5 cubes ; 8 barres : 85. 2. 434. 3. Environ 400 + 200 = 600 (résultat 605).
Toujours dire « je retiens 1 dizaine » et non « je retiens 1 ».
Présenter la fiche
- Colonnes U, D, C en couleur.
- Cases pour la retenue.
- Flèche de droite à gauche sous l’opération.
- Police sans empattement (Arial, Verdana), grande taille, pas d’italique.
- Interligne 1,5, texte aligné à gauche.
- Consigne courte, une seule demande, mots-clés en gras.
- Peu d’exercices par page.
Voir aussi les fiches de maths adaptées DYS.
Construire un aide-mémoire personnel
Fabriquez avec l’enfant sa propre fiche-outil sur l’addition posée : les colonnes U, D, C en couleur, un exemple résolu avec la retenue entourée, la phrase « je retiens 1 dizaine » et la flèche « je commence à droite ». Il choisit les couleurs, dessine les petits schémas et écrit les mots-clés avec ses mots. Un outil de référence qu’il a construit lui-même est bien mieux compris et bien plus utilisé qu’une affiche toute faite. Il le garde dans sa farde ou sa trousse et peut le consulter en classe comme à la maison, sans gêne.
Une séance courte
Dix à quinze minutes : un exemple avec le matériel, puis deux ou trois additions posées, en commençant par une addition sans retenue. Les additions avec retenue viennent quand l’alignement est sûr. Terminez par une vérification réussie.
Une aide ajustée pendant les devoirs
Pendant les devoirs, l’adulte peut apporter une aide ajustée sans faire à la place de l’enfant : lire la consigne à voix haute, tenir l’outil pendant qu’il place un point, écrire sous sa dictée quand l’écriture le fatigue, ou accepter une réponse orale. L’objectif est qu’il puisse montrer ce qu’il a compris. On réduit l’aide petit à petit, à mesure que l’enfant gagne en assurance.
Corriger avec bienveillance
Lors de la correction, soulignez d’abord tout ce qui est juste, puis montrez précisément l’étape où l’erreur s’est glissée : « tes additions sont justes, c’est la retenue de la colonne des dizaines qui a été oubliée ». L’enfant comprend que la méthode est en place et qu’il s’agit d’une petite erreur, pas d’un échec. Évitez de faire tout recommencer : corrigez seulement l’étape concernée, puis félicitez la réussite.
Aménagements raisonnables
Les colonnes en couleur, le matériel en base dix, la calculatrice pour vérifier et le temps supplémentaire sont des aménagements raisonnables possibles. Ils se décident avec l’enseignant, le centre PMS et le logopède. Lire aussi les aménagements DYS au CEB.
Jouer à la banque
Un jeu de banque avec des pièces de 1 € et des billets de 10 € rend la retenue naturelle : dès que l’enfant a dix pièces de 1 €, il les échange contre un billet de 10 €. Ce geste d’échange, répété dans le jeu, est exactement celui de la retenue dans l’addition posée.
En résumé
Manipuler le matériel en base dix, colorier les colonnes, commencer par la droite, écrire une retenue visible en disant « je retiens 1 dizaine », estimer et vérifier : l’addition en colonnes devient compréhensible et fiable pour l’enfant dyscalculique.
Questions fréquentes
Pourquoi mon enfant aligne-t-il mal les chiffres ?
Parce qu’il ne voit pas encore que chaque chiffre a une valeur selon sa place ; les colonnes en couleur l’aident.
Comment expliquer la retenue ?
Avec le matériel : 10 cubes deviennent une barre de dix, que l’on ajoute aux dizaines.
Pourquoi commencer par la droite ?
Parce que la retenue des unités doit être ajoutée aux dizaines, et celle des dizaines aux centaines.
Comment vérifier une addition ?
En estimant avant de calculer, puis en vérifiant avec la calculatrice.
La calculatrice est-elle autorisée ?
Oui, pour vérifier, et parfois comme aménagement.

