Pourquoi c’est difficile
Multiples et diviseurs reposent entièrement sur les tables de multiplication, souvent fragiles en cas de dyscalculie. Les deux mots se ressemblent et désignent des relations inverses : 12 est un multiple de 3, et 3 est un diviseur de 12. L’enfant peut aussi être perdu par les critères de divisibilité, présentés comme des règles à retenir. Il faut donc rendre ces relations visibles avant de les nommer. Lire aussi les tables de multiplication et les dys.
Les signes à repérer
- L’enfant confond multiple et diviseur.
- Il oublie 1 et le nombre lui-même dans les diviseurs.
- Il ne voit pas que les multiples de 2 sont les nombres pairs.
- Il récite les critères sans savoir les appliquer.
- Il compte un par un pour trouver un multiple.
Étape 1 : colorier les multiples
Sur un tableau des nombres, l’enfant colorie les multiples de 3 en sautant de 3 en 3, avec l’aide de la table. Un motif régulier apparaît. Il fait de même pour 2 (une colonne sur deux), 5 et 10 (des colonnes entières). Les multiples deviennent une image.
Les multiples de 3 sont coloriés : 3, 6, 9, 12… un nombre sur trois.
Étape 2 : multiple et diviseur, deux faces
Pour ne pas confondre les deux mots, on utilise une image : le multiple est la grande famille (12, 15, 18 sont dans la famille de 3), le diviseur est le petit chef qui partage exactement (3 partage 12 sans reste). On écrit les deux phrases ensemble : « 12 est un multiple de 3 » et « 3 est un diviseur de 12 », avec une flèche dans chaque sens. Une carte-mémoire garde ce modèle.
Étape 3 : trouver les diviseurs avec des jetons
Pour trouver les diviseurs de 12, l’enfant range 12 jetons en rectangles : 1 rangée de 12, 2 rangées de 6, 3 rangées de 4. Il n’arrive pas à faire 5 rangées égales. Les diviseurs de 12 sont donc 1, 2, 3, 4, 6 et 12. Les rectangles montrent les paires (2 et 6, 3 et 4), et rappellent qu’1 et le nombre lui-même sont toujours des diviseurs. Lire aussi les nombres premiers et la dyscalculie.
Étape 4 : les critères de divisibilité
Les critères sont découverts sur le tableau des nombres plutôt que récités. Divisible par 2 : le nombre se termine par 0, 2, 4, 6 ou 8 (les nombres pairs). Par 5 : il se termine par 0 ou 5. Par 10 : il se termine par 0. Par 3 : la somme de ses chiffres est dans la table de 3 (pour 123 : 1 + 2 + 3 = 6, donc oui). On commence par 2, 5 et 10, plus visibles, et on garde le critère de 3 pour plus tard.
Une table toujours à portée de main
Pendant ces exercices, la table de multiplication reste sur la table. L’objectif est de comprendre les relations entre les nombres, pas de réciter les tables. Avec la table, l’enfant peut vérifier qu’un nombre est un multiple en le cherchant dans la bonne ligne. Cet aménagement réduit beaucoup l’anxiété.
Des situations concrètes
Les multiples et diviseurs servent dans la vie : peut-on partager 24 bonbons entre 5 enfants sans reste ? Peut-on ranger 30 œufs dans des boîtes de 6 ? Ces petites questions donnent du sens et montrent l’utilité des diviseurs. Lire aussi la division écrite et la dyscalculie.
Exercices adaptés
- Colorie les multiples de 5 jusqu’à 50.
- Avec 12 jetons, trouve tous les rectangles possibles. Quels sont les diviseurs de 12 ?
- 135 est-il divisible par 5 ? Par 2 ?
Corrigé. 1. 5, 10, 15… 50. 2. 1 × 12, 2 × 6, 3 × 4 : diviseurs 1, 2, 3, 4, 6, 12. 3. Oui par 5 (il finit par 5) ; non par 2 (il est impair).
Toujours vérifier avec la table de multiplication.
Présenter la fiche
- Tableau des nombres imprimé pour colorier.
- Table de multiplication à côté.
- Jetons autorisés pour chercher les diviseurs.
- Police sans empattement (Arial, Verdana), grande taille, pas d’italique.
- Interligne 1,5, texte aligné à gauche.
- Consigne courte, une seule demande, mots-clés en gras.
- Peu d’exercices par page.
Voir aussi les fiches de maths adaptées DYS.
Construire un aide-mémoire personnel
Fabriquez avec l’enfant sa propre fiche-outil sur les multiples et diviseurs : les deux phrases « 12 est un multiple de 3 » et « 3 est un diviseur de 12 », les rectangles de 12 jetons et les critères par 2, 5 et 10. Il choisit les couleurs, dessine les petits schémas et écrit les mots-clés avec ses mots. Un outil de référence qu’il a construit lui-même est bien mieux compris et bien plus utilisé qu’une affiche toute faite. Il le garde dans sa farde ou sa trousse et peut le consulter en classe comme à la maison, sans gêne.
Une séance courte
Quinze minutes : cinq minutes de coloriage sur le tableau des nombres, cinq minutes de rectangles de jetons, cinq minutes de critères. Le coloriage et la manipulation rendent la séance agréable et efficace.
Une aide ajustée pendant les devoirs
Pendant les devoirs, l’adulte peut apporter une aide ajustée sans faire à la place de l’enfant : lire la consigne à voix haute, tenir l’outil pendant qu’il place un point, écrire sous sa dictée quand l’écriture le fatigue, ou accepter une réponse orale. L’objectif est qu’il puisse montrer ce qu’il a compris. On réduit l’aide petit à petit, à mesure que l’enfant gagne en assurance.
Corriger avec bienveillance
Lors de la correction, soulignez d’abord tout ce qui est juste, puis montrez précisément l’étape où l’erreur s’est glissée : « tu as bien trouvé 2, 3, 4 et 6, il manquait 1 et 12, qui sont toujours des diviseurs ». L’enfant comprend que la méthode est en place et qu’il s’agit d’une petite erreur, pas d’un échec. Évitez de faire tout recommencer : corrigez seulement l’étape concernée, puis félicitez la réussite.
Aménagements raisonnables
La table de multiplication, le tableau des nombres, les jetons et le temps supplémentaire sont des aménagements raisonnables possibles. Ils se décident avec l’enseignant, le centre PMS et le logopède. Lire aussi les aménagements DYS au CEB.
En résumé
Colorier les multiples sur le tableau des nombres, distinguer la famille et le petit chef, ranger des jetons en rectangles pour trouver les diviseurs, découvrir les critères par 2, 5 et 10, garder la table à portée de main : multiples et diviseurs deviennent visibles pour l’enfant dyscalculique.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre multiple et diviseur ?
12 est un multiple de 3 (il est dans la table de 3) ; 3 est un diviseur de 12 (il partage 12 sans reste).
Comment trouver les diviseurs d’un nombre ?
En rangeant des jetons en rectangles : chaque rectangle donne une paire de diviseurs.
Quels critères apprendre en premier ?
Les critères par 2, 5 et 10, les plus visibles sur le tableau des nombres.
Faut-il connaître ses tables par cœur ?
Non, la table peut rester à portée de main ; l’objectif est de comprendre les relations.
1 est-il un diviseur ?
Oui, 1 et le nombre lui-même sont toujours des diviseurs.

