Pourquoi les priorités sont difficiles
Habituellement, on lit et on calcule de gauche à droite. Les priorités de calcul cassent cette habitude : la multiplication et la division passent avant l’addition et la soustraction, et les parenthèses passent avant tout. L’enfant doit repérer la bonne opération, la calculer, garder le résultat en mémoire, puis continuer. Pour un enfant dyscalculique, dont la mémoire de travail est souvent saturée, l’erreur est très fréquente. Lire aussi les propriétés des opérations et la dyscalculie.
Les signes à repérer
- L’enfant calcule toujours de gauche à droite (3 + 4 × 2 = 14).
- Il oublie les parenthèses.
- Il perd un résultat intermédiaire.
- Il recopie mal le calcul à l’étape suivante.
- Il ne sait pas par quelle opération commencer.
Étape 1 : comprendre avec une situation
On part d’une histoire : « J’ai 3 billes, et je reçois 4 sacs de 2 billes. Combien en ai-je ? » L’enfant dessine : 3 billes, puis 4 groupes de 2 billes, soit 8. Total : 3 + 8 = 11. Il comprend qu’il faut d’abord calculer les sacs (4 × 2) avant d’ajouter. La règle des priorités n’est alors que l’écriture de cette logique.
Étape 2 : surligner en couleur
Avant de calculer, l’enfant surligne en couleur ce qui se calcule en premier : d’abord les parenthèses (en vert), puis les multiplications et divisions (en orange). Il ne reste ensuite que les additions et soustractions, de gauche à droite. Le calcul « parle » grâce aux couleurs, et l’ordre n’a plus besoin d’être retenu de mémoire.
Étape 3 : le calcul en escalier
On fait une seule opération par ligne, et l’on recopie le reste du calcul à chaque fois, en descendant comme un escalier. Le résultat intermédiaire remplace la partie calculée.
3 + 4 × 2
= 3 + 8
= 11
La multiplication, surlignée, est calculée en premier ; il ne reste ensuite qu’une addition.
Étape 4 : les parenthèses d’abord
Les parenthèses changent tout : (3 + 4) × 2 = 7 × 2 = 14. On les surligne en vert et on les calcule toujours en premier, même si elles contiennent une addition. On compare les deux calculs côte à côte, avec et sans parenthèses, pour voir la différence. Une carte-mémoire résume l’ordre : 1. parenthèses ; 2. × et ÷ ; 3. + et −, de gauche à droite.
Un deuxième exemple
Pour 20 − 6 ÷ 2 : l’enfant surligne 6 ÷ 2 en orange, calcule 3 sur la ligne suivante (20 − 3), puis 17. S’il avait calculé de gauche à droite, il aurait trouvé 7, ce qui est faux. On vérifie le résultat avec une histoire : « J’ai 20 €, je dépense la moitié de 6 €, soit 3 € : il me reste 17 €. »
Et la calculatrice ?
Les calculatrices scientifiques respectent les priorités, mais certaines calculatrices très simples calculent dans l’ordre de frappe. Si l’enfant utilise une calculatrice, il vaut mieux qu’il tape chaque étape de l’escalier séparément. C’est aussi une bonne occasion de vérifier qu’il a compris l’ordre. Lire aussi le calcul mental adapté aux dys.
Exercices adaptés
- Surligne puis calcule en escalier : 3 + 4 × 2.
- Calcule : (3 + 4) × 2.
- Surligne puis calcule : 20 − 6 ÷ 2.
Corrigé. 1. 3 + 8 = 11. 2. 7 × 2 = 14. 3. 20 − 3 = 17.
Toujours surligner avant de calculer, et une seule opération par ligne.
Présenter la fiche
- Calculs courts, une ligne par étape prévue.
- Surligneurs vert et orange à disposition.
- Carte-mémoire de l’ordre des opérations.
- Police sans empattement (Arial, Verdana), grande taille, pas d’italique.
- Interligne 1,5, texte aligné à gauche.
- Consigne courte, une seule demande, mots-clés en gras.
- Peu d’exercices par page.
Voir aussi les fiches de maths adaptées DYS.
Construire un aide-mémoire personnel
Fabriquez avec l’enfant sa propre fiche-outil sur les priorités de calcul : l’ordre en trois étapes (parenthèses, × et ÷, + et −), le code couleur vert et orange, et un exemple de calcul en escalier. Il choisit les couleurs, dessine les petits schémas et écrit les mots-clés avec ses mots. Un outil de référence qu’il a construit lui-même est bien mieux compris et bien plus utilisé qu’une affiche toute faite. Il le garde dans sa farde ou sa trousse et peut le consulter en classe comme à la maison, sans gêne.
Une séance courte
Quinze minutes : une histoire dessinée, puis trois ou quatre calculs surlignés et faits en escalier. Mieux vaut peu de calculs bien compris qu’une longue série qui fatigue.
Une aide ajustée pendant les devoirs
Pendant les devoirs, l’adulte peut apporter une aide ajustée sans faire à la place de l’enfant : lire la consigne à voix haute, tenir l’outil pendant qu’il place un point, écrire sous sa dictée quand l’écriture le fatigue, ou accepter une réponse orale. L’objectif est qu’il puisse montrer ce qu’il a compris. On réduit l’aide petit à petit, à mesure que l’enfant gagne en assurance.
Corriger avec bienveillance
Lors de la correction, soulignez d’abord tout ce qui est juste, puis montrez précisément l’étape où l’erreur s’est glissée : « ta multiplication est juste, mais tu as commencé par l’addition : il fallait d’abord surligner 4 × 2 ». L’enfant comprend que la méthode est en place et qu’il s’agit d’une petite erreur, pas d’un échec. Évitez de faire tout recommencer : corrigez seulement l’étape concernée, puis félicitez la réussite.
Aménagements raisonnables
La carte-mémoire, les surligneurs, la calculatrice étape par étape et le temps supplémentaire sont des aménagements raisonnables possibles. Ils se décident avec l’enseignant, le centre PMS et le logopède. Lire aussi les aménagements DYS au CEB.
Inventer des histoires
Pour chaque calcul, demandez à l’enfant d’inventer une petite histoire qui lui correspond, comme celle des billes et des sacs. S’il y parvient, il a compris pourquoi la multiplication passe en premier. À l’inverse, l’adulte peut raconter une histoire et l’enfant écrit le calcul avec ou sans parenthèses. Ce va-et-vient entre histoire et calcul ancre durablement la règle.
Commencer petit
On commence par des calculs à deux opérations seulement, avec de petits nombres. Les calculs à trois opérations et les parenthèses imbriquées viennent bien plus tard.
Vérifier avec une histoire
Après chaque calcul, l’enfant relit son histoire pour vérifier que le résultat a du sens : 11 billes, c’est bien 3 billes plus 4 sacs de 2.
Corriger avec bienveillance
Lors de la correction, soulignez d’abord tout ce qui est juste, puis montrez précisément l’étape où l’erreur s’est glissée : « ta multiplication est juste, mais tu as oublié de recopier le 20 à la ligne suivante ». L’enfant comprend que la méthode est en place et qu’il s’agit d’une petite erreur, pas d’un échec. Évitez de faire tout recommencer : corrigez seulement l’étape concernée, puis félicitez la réussite.
En résumé
Comprendre la logique avec une histoire, surligner les parenthèses et les × et ÷, calculer en escalier une opération par ligne, garder une carte-mémoire de l’ordre et vérifier avec une histoire : les priorités de calcul deviennent claires pour l’enfant dyscalculique.
Questions fréquentes
Combien font 3 + 4 × 2 ?
11 : on calcule d’abord 4 × 2 = 8, puis 3 + 8.
Quel est l’ordre des opérations ?
D’abord les parenthèses, ensuite × et ÷, enfin + et −, de gauche à droite.
Comment aider un enfant dyscalculique à s’en souvenir ?
En surlignant en couleur les opérations prioritaires avant de calculer.
Qu’est-ce qu’un calcul en escalier ?
Une seule opération par ligne, en recopiant le reste du calcul à chaque étape.
Toutes les calculatrices respectent-elles les priorités ?
Non, certaines calculatrices simples calculent dans l’ordre de frappe ; mieux vaut taper étape par étape.

