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Comprendre les maths · Guide pratique

Additions et soustractions jusqu’à 20 avec un enfant dyscalculique

Compter sur ses doigts pour 8 + 5 en 3e primaire, c’est fréquent chez les enfants dyscalculiques. Avec un cadre de 10, un boulier et des stratégies bien visibles, on peut les aider à passer du comptage au calcul, à leur rythme.

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Comprendre. Essayer. Expliquer.

Mis à jour le 1er novembre 2026 · 6 minutes de lecture

Pourquoi les calculs jusqu’à 20 résistent

Chez beaucoup d’enfants dyscalculiques, les résultats comme 8 + 5 ou 13 − 6 ne se mémorisent pas, même après des centaines de répétitions. L’enfant continue à compter un par un, souvent sur ses doigts, ce qui est lent et source d’erreurs. Ce n’est pas de la mauvaise volonté : la mémoire des faits numériques est l’une des fonctions les plus touchées par la dyscalculie. L’objectif est de lui donner des stratégies visuelles et fiables, plutôt que d’insister sur le par cœur.

Les signes à repérer

  • L’enfant recompte tout depuis 1 pour chaque calcul.
  • Il ne connaît pas les compléments à 10 par cœur.
  • Il confond addition et soustraction.
  • Il oublie un résultat appris la veille.
  • Il se sent lent et refuse les jeux de calcul rapide.

Lire aussi les signes de la dyscalculie.

Étape 1 : voir les quantités avec un cadre de 10

Un cadre de 10 (deux rangées de 5 cases) permet de voir les quantités sans compter : 7, c’est une rangée pleine et 2 de plus ; il manque 3 pour remplir le cadre. L’enfant place des jetons et « lit » les quantités d’un coup d’œil. C’est la base pour connaître les compléments à 10.

Étape 2 : les compléments à 10 en cartes

Préparez des cartes où l’on voit le cadre de 10 rempli de deux couleurs (7 rouges + 3 bleus). L’enfant joue au memory : il associe 7 et 3, 6 et 4… Ces « amoureux de 10 » sont affichés au mur avec leurs dessins. Ils restent disponibles aussi longtemps que nécessaire.

Étape 3 : le boulier pour passer la dizaine

Sur un boulier de 20 perles (deux rangées de 10, avec 5 perles d’une couleur et 5 d’une autre), l’enfant fait 8 + 5 : il pousse 8 perles, complète la rangée avec 2 (il a 10), puis prend 3 sur la deuxième rangée. Il voit 13. Le geste montre la stratégie du passage par 10, qu’il pourra ensuite faire de tête. Lire aussi doubles et moitiés et dyscalculie.

Étape 4 : écrire la décomposition en couleurs

Sur papier, l’enfant écrit 8 + 5 = 8 + 2 + 3 = 13, avec le complément à 10 en rouge et le reste en bleu. Pour 13 − 5 : 13 − 3 − 2 = 8. Les couleurs rendent la stratégie visible et aident à ne pas se tromper dans la décomposition.

Étape 5 : les doigts comme outil, pas comme béquille

Les doigts ne sont pas interdits : ils sont un outil naturel. On aide l’enfant à les utiliser intelligemment, par exemple en montrant d’abord 5 d’un coup avec une main entière plutôt que de compter un par un. Peu à peu, les stratégies visuelles prennent le relais. Lire aussi calcul mental adapté aux dys.

Des exercices adaptés

  1. Avec le cadre de 10 : combien manque-t-il à 6 pour faire 10 ?
  2. Avec le boulier : 7 + 5.
  3. Écris en couleurs : 9 + 4 = 9 + … + … = …
  4. Avec le boulier : 14 − 6.

Corrigé. 1. 4. 2. 12. 3. 9 + 1 + 3 = 13. 4. 8.

Peu de calculs, avec le matériel à portée de main.

Adapter les fiches

  • Des cadres de 10 dessinés à côté des calculs.
  • Peu de calculs par fiche, beaucoup d’espace.
  • Une seule stratégie travaillée par fiche.
  • Les compléments à 10 affichés en haut.
  • Pas de chronomètre.

Voir aussi fiches de maths pour enfant dyscalculique.

Une séance type de dix minutes

Deux minutes de compléments à 10 avec les cartes ; trois minutes au boulier ; trois minutes d’écriture en couleurs ; deux minutes de jeu. La même structure à chaque séance, et des réussites visibles.

Les aménagements en classe

L’enfant peut garder son cadre de 10, son boulier ou une bande des compléments à 10, disposer de plus de temps et être dispensé des épreuves chronométrées. On évalue la stratégie (passer par 10) autant que le résultat. Lire aussi les aménagements au CEB.

Le rôle des parents

Jouez aux dominos, aux dés, au memory des amoureux de 10, à la marchande avec des pièces de 1 et 2 euros. Quelques minutes par jour, dans la bonne humeur, valent mieux que de longues séances de répétition. Félicitez la stratégie utilisée.

Quand demander de l’aide ?

Si, malgré ces outils, l’enfant reste au comptage un par un en fin de 2e primaire, parlez-en à l’enseignant, au centre PMS ou à un logopède : un bilan peut confirmer une dyscalculie et orienter l’aide.

En résumé

Voir les quantités avec un cadre de 10, connaître les compléments à 10, passer la dizaine au boulier, écrire la décomposition en couleurs et utiliser les doigts intelligemment : ainsi, l’enfant dyscalculique passe progressivement du comptage au calcul.

La régularité avant tout

Quelques minutes deux ou trois fois par semaine valent mieux qu’une longue séance. La régularité installe les repères et l’enfant gagne en confiance.

Collaborer avec l’école

Utilisez les mêmes outils et les mêmes mots à la maison et en classe : partagez avec l’enseignant le matériel qui aide votre enfant. Si un logopède ou un ergothérapeute le suit, associez-le aussi.

Un carnet des réussites

Gardez une trace des réussites (photos, fiches, petits mots) dans un carnet : l’enfant voit concrètement qu’il progresse, ce qui le motive à continuer.

D’autres exercices adaptés

  1. Avec le cadre de 10 : 5 + 5 ; 6 + 4 ; 9 + 1.
  2. Avec le boulier : 9 + 6.

Corrigé. 1. 10 ; 10 ; 10. 2. 15.

Le matériel reste à portée de main.

Des jeux sans stress

Le memory des amoureux de 10, la bataille d’additions avec des cartes de 1 à 10, les dominos ou un jeu de l’oie où l’on avance de la somme de deux dés entraînent les calculs sans pression.

Selon les années

On commence toujours par le concret (objets, matériel), puis on passe au dessin, et enfin aux nombres seuls. Chaque étape peut durer aussi longtemps que nécessaire : il n’y a pas de course.

Le saviez-vous ?

Beaucoup d’outils proposés ici (matériel, couleurs, cartes-mémoire) aident aussi les enfants sans difficulté particulière. Les utiliser en classe pour tous évite à l’enfant dys de se sentir différent.

En pratique à la maison

Gardez le matériel dans une petite boîte toujours prête : quand il est accessible, on l’utilise plus facilement, et quelques minutes suffisent.

Pour terminer

Chaque stratégie maîtrisée est une victoire : célébrez-la.

Encourager

Chaque petite réussite compte : félicitez l’effort, la méthode et la persévérance, pas seulement le résultat. Un enfant qui se sent capable ose davantage et progresse plus vite, en mathématiques comme ailleurs.

Pour aller plus loin

Lire aussi additions et soustractions jusqu’à 20 : la méthode, doubles et moitiés et dyscalculie et calcul mental adapté.

Questions fréquentes

Mon enfant compte encore sur ses doigts, est-ce grave ?

Non, mais on l’aide progressivement à utiliser des stratégies plus rapides, comme le passage par 10.

Qu’est-ce qu’un cadre de 10 ?

Deux rangées de 5 cases où l’on place des jetons pour voir les quantités sans compter.

Comment le boulier aide-t-il ?

Il montre le passage par 10 : on complète une rangée de 10, puis on continue sur la suivante.

Faut-il apprendre les additions par cœur ?

On vise la mémorisation, mais les stratégies visuelles restent un appui fiable si la mémoire fait défaut.

Les épreuves chronométrées sont-elles adaptées ?

Non : on peut en dispenser l’enfant dyscalculique et évaluer sa stratégie.

Combien de temps par séance ?

Dix minutes environ, avec une structure toujours identique.

Le matériel est-il autorisé en classe ?

Oui, c’est un aménagement simple, à convenir avec l’enseignant.