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Comprendre les maths · Guide pratique

Résoudre un problème avec un enfant dyscalculique

Lire un énoncé, trier les informations, choisir l’opération, calculer et rédiger une réponse : un problème de maths demande tout cela à la fois. Pour un enfant dyscalculique, souvent aussi gêné par la lecture, c’est vite trop. Une méthode toujours identique, avec des appuis visuels, change tout.

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Comprendre. Essayer. Expliquer.

Mis à jour le 1er novembre 2026 · 6 minutes de lecture

Pourquoi les problèmes sont si difficiles

Un problème mobilise en même temps la lecture, la compréhension du langage mathématique, la mémoire de travail, le choix d’une stratégie et le calcul. Un enfant dyscalculique peut savoir calculer 12 − 5 et pourtant échouer au problème, parce qu’il ne voit pas qu’il faut soustraire, ou parce qu’il a oublié la question en lisant la fin de l’énoncé. Beaucoup d’enfants dys ont aussi des difficultés de lecture qui s’ajoutent. Il faut donc alléger chaque étape. Lire aussi dyslexie et maths.

Les signes à repérer

  • L’enfant prend tous les nombres et les additionne.
  • Il commence à calculer avant d’avoir compris.
  • Il oublie la question.
  • Il ne sait pas quoi écrire dans la réponse.
  • Il ne vérifie jamais si son résultat est possible.

Une méthode toujours identique

Les enfants dys ont besoin d’un enseignement explicite et d’une routine stable. On utilise toujours les mêmes cinq étapes, illustrées sur une carte-mémoire : 1. je lis (ou on me lit) ; 2. je raconte avec mes mots ; 3. je dessine ou je fais un schéma ; 4. je calcule ; 5. je réponds par une phrase et je vérifie. L’enfant pointe l’étape où il en est. Cette routine réduit l’anxiété face à un énoncé nouveau. Lire aussi la méthode en 5 étapes.

Étape 1 : lire, ou faire lire

Lire l’énoncé à voix haute est un aménagement simple et très efficace : l’enfant peut se concentrer sur le sens plutôt que sur le déchiffrage. On peut lire une deuxième fois, plus lentement, en s’arrêtant après chaque phrase. Un cache ou une feuille « fenêtre » qui ne laisse voir qu’une ligne aide à suivre. Pour les enfants plus autonomes, une synthèse vocale peut lire l’énoncé.

Étape 2 : raconter avec ses mots

Avant tout calcul, l’enfant raconte l’histoire, sans les nombres : « Léa a des billes, elle en donne à Tom, on veut savoir combien il lui en reste. » S’il y parvient, il a compris la situation. Sinon, on la joue avec des objets. Cette étape est souvent sautée, alors que c’est elle qui permet de choisir la bonne opération.

Étape 3 : les données en couleur

On surligne la question en jaune, les nombres utiles en vert, et on barre les informations inutiles. On peut aussi recopier les données dans un petit tableau. Sur les fiches, on évite les énoncés longs : une ou deux phrases, une seule question à la fois. Les problèmes « à tiroirs » (a, b, c) sont découpés en plusieurs problèmes simples. Lire aussi les données inutiles et manquantes.

Étape 4 : dessiner ou schématiser

Le dessin est le pont entre l’histoire et le calcul. Pour les plus jeunes, un dessin simple (des ronds pour les billes) suffit. Ensuite, on utilise le schéma en barres : une barre pour le tout, des morceaux pour les parties. Quand on cherche le tout, on additionne ; quand on cherche une partie, on soustrait. Le schéma montre l’opération sans avoir à la deviner à partir des mots.

Étape 5 : calculer avec des aides

Le calcul n’est qu’une partie du problème. Si les tables ou le calcul posé sont fragiles, on autorise la table de multiplication, la droite graduée ou la calculatrice : ce qu’on évalue ici, c’est la capacité à résoudre le problème. L’enfant écrit l’opération en entier (12 − 5 = 7) pour montrer son raisonnement.

Étape 6 : répondre et vérifier

La phrase réponse reprend les mots de la question : « Il reste 7 billes à Léa. » On peut fournir un début de phrase à compléter pour soulager l’écriture. Puis on vérifie : est-ce possible ? Léa avait 12 billes, elle en a donné, il lui en reste moins : 7, c’est cohérent. Un résultat de 17 aurait été impossible.

Exemples résolus

  1. Léa a 12 billes. Elle en donne 5 à Tom. Combien lui en reste-t-il ?
  2. Il y a 3 paquets de 6 biscuits. Combien de biscuits en tout ?
  3. Sam a 9 €. Un livre coûte 15 €. Combien lui manque-t-il ?

Corrigé. 1. 12 − 5 = 7 : il reste 7 billes. 2. 3 × 6 = 18 : 18 biscuits. 3. 15 − 9 = 6 : il manque 6 €.

Pour chaque problème, faites d’abord raconter l’histoire sans les nombres.

Présenter les énoncés

  • Une ou deux phrases, une seule question.
  • Mots-clés en gras, question encadrée.
  • Police sans empattement, grande taille, interligne 1,5, alignement à gauche.
  • Une image qui illustre la situation.
  • Un cadre pour le schéma, un cadre pour le calcul, un début de phrase réponse.

Voir aussi les fiches de maths adaptées DYS.

Une séance courte

Deux ou trois problèmes bien menés valent mieux qu’une page entière. Une séance de 20 minutes, sans jamais dépasser 30 à 45 minutes, évite la surcharge. Si l’enfant fatigue, l’adulte peut écrire sous sa dictée ou accepter une réponse orale : l’important est le raisonnement.

Corriger pour faire progresser

Lors de la correction, on valorise chaque étape réussie : « tu as bien raconté l’histoire, ton schéma est juste ». On situe précisément l’erreur (le choix de l’opération, le calcul, la phrase). L’enfant voit qu’il maîtrise une partie de la démarche, ce qui le motive à continuer.

Aménagements raisonnables

En Fédération Wallonie-Bruxelles, plusieurs aménagements raisonnables sont possibles pour les problèmes : lecture des énoncés à voix haute, temps supplémentaire, calculatrice, énoncés simplifiés ou découpés, réponses orales. Ils se décident avec l’enseignant, le centre PMS et les professionnels qui suivent l’enfant, et peuvent être maintenus lors des évaluations. Lire aussi les aménagements DYS au CEB.

Le rôle des parents

La vie quotidienne est pleine de petits problèmes : combien d’assiettes pour les invités, combien rendre à la boulangerie, combien de temps avant le dessin animé. Posez-les à voix haute et laissez votre enfant raconter comment il fait. Ces problèmes oraux, sans écrit, développent le raisonnement sans la fatigue de la lecture.

Quand demander de l’aide ?

Si l’enfant reste bloqué même quand l’énoncé est lu et joué avec des objets, un bilan logopédique peut préciser la part du langage, du raisonnement et du calcul. Lire aussi aider un enfant dyscalculique.

Construire un aide-mémoire personnel

Construisez avec l’enfant sa propre carte des cinq étapes : il choisit les couleurs, dessine les pictogrammes et écrit les mots-clés avec ses mots. On y ajoute peu à peu des exemples de schémas en barres qu’il a réussis. Un outil de référence personnalisé est beaucoup mieux utilisé qu’une affiche toute faite, et il peut l’emporter en classe comme à la maison.

En résumé

Une routine en cinq étapes, la lecture à voix haute, la reformulation sans les nombres, les données en couleur, le schéma en barres, des aides au calcul et une phrase réponse vérifiée : résoudre un problème devient possible et rassurant pour l’enfant dyscalculique.

Questions fréquentes

Pourquoi mon enfant dyscalculique échoue-t-il aux problèmes alors qu’il sait calculer ?

Parce qu’un problème demande aussi de lire, de comprendre la situation et de choisir l’opération, ce qui sollicite fortement la mémoire de travail.

Peut-on lire l’énoncé à sa place ?

Oui, c’est un aménagement simple et très efficace.

À quoi sert le schéma en barres ?

Il montre si l’on cherche le tout ou une partie, donc s’il faut additionner ou soustraire.

La calculatrice est-elle permise ?

Oui, si l’objectif est la résolution du problème plutôt que le calcul.

Combien de problèmes par séance ?

Deux ou trois, bien menés, en 20 minutes environ.